lundi 4 février 2008

Premières courses

Alors là attention, j’ai fait mon gros cochon. Je pensais m’être bien reposé, mais un rapide calcul m’a démontré que je n’avais dormi que 5h et que je n’arriverai pas à faire mieux pour cette première nuit. Le soleil donnant directement sur la vitre provoque un effet véranda assez déstabilisant. Alors, c’est parti pour le C-Town, la superette du coin. Maïs "Green Giant" (on se sent à la maison), beurre de cacahuètes Skippy (celui avec les morceaux de cacahuètes dedans miam), de la brioche, des spaghettis, quelques sauces, des cookies et même une brique de lait. On va tester plus tard.

J’ai aussi tenté une espèce de jambon en emballage sous vide, je vous tiens au courant… Vu la tête de certains aliments, j’ai préféré faire simple pour une première fois et m’en tenir éventuellement comme hier soir, au sandwich ultra complet à 3,75$. Promis, dès que je sais cuisiner, j’achète de vrais aliments (notez quand même la présence à droite d’échalotes – ou d’oignons, je sais jamais).

dimanche 3 février 2008

Le jour le plus long du monde

Pour préparer le journée la plus longue de ma vie, on n’a pas fait les choses à moitié : couché à 3h30 après une soirée « calme ». Le lendemain, Olivier est passé me chercher, direction Paris Charles-de-Gaulle pour le départ. Après quelques vérifications de billets d’avion, fouilles et questions saugrenues, me voilà du côté embarquement. Mais Air India a un peu de retard, on ne décollera donc que vers 15h15. Ca fait longtemps que je n’avais pas été dans un avion. Le décollage me fascine complètement, et crever les nuages est tout simplement magique. Radiohead et Jeff Buckley m’accompagnent dans ce rêve éveillé grâce à la compil rock proposée par la compagnie. Nous n’avons été que 10 passagers à embarquer pour ce vol, le reste étant déjà pris par des familles indiennes entières regardant des films de Bollywood sur leurs écrans télé (Naushad, si tu me lis, cette compagnie est pour toi !)

30 minutes plus tard, c’est déjà l’heure de l’apéro avec un Johnny Walker allongé d’un peu de coca (pardon aux puristes). Ca aura au moins eu l’effet de me faire dormir devant cette bouse de The Comeback (aux chiottes Hugh Grant).
Le repos est de courte durée puisqu’on nous amène un repas à 18h heure française. Au moment de traverser l’Atlantique, je tente l’envoi de quelques messages, seulement pour me rappeler au moment de l’échec de l’opération, qu’à 30 000 pieds d’altitude, y’a pas de réseau… (malin).

Après quelques phases légèrement stressantes où le commandant annonce en indien qu’il faut s’attacher après pourtant un bon quart d’heure de turbulences assez brutales, on arrive finalement à 23h15 (heure française), et donc à 17h15, heure de New York. Newark est une bonne zone industrielle, mais on a au moins le mérite d’atterrir à droite de Manhattan et donc de lorgner vers le CBD et ce qu’on croit être le Chrysler Building au loin.

Le contrôle final décidant de si oui ou non on a le droit de pénétrer le territoire des Etats-Unis est rapidement passé. Le connard de roquet tout excité de porter un flingue me fait reculer sans ménagement, préférant finir sa conversation avec son collègue, puis ironise sur Air India (une compagnie qui sent bon le safran, sachez-le), me demande ce que je vais faire pendant trois mois, prend mes empreintes digitales et une photo de moi, et me laisse finalement passer. Matez la photo floue, ça fait assez administration retors à la Brazil… sympa les bureaux !


Et la journée ne fait que commencer ! Je trouve le bureau responsable des trajets en car, et commande un « one way round », un aller simple pour Manhattan, jusqu’à la gare de Point Authority (14$ le ride). On m’avait conseillé de tout faire en taxi, mais le plaisir de découvrir sans assistance directe est plus grand. Le chauffeur chinois me lâche en pleine folie new yorkaise, m’indiquant la direction de Central Park, point de repère idéal. Je choisis de « découvrir » un peu la ville avant de prendre un taxi, et remonte ainsi quelques blocs. Désolé pour les photos floues, mais la batterie me faisait alors défaut (tout comme le sens commun). Les pompiers déboulent de leur caserne devant moi, avec cette sirène caractéristique des films américains (…), je croise une dizaine de limousines, des gens étranges et des façades d’immeubles complètement folles. Finalement, les bras me lâchent. Je lève un bras, 3 taxis se battent pour moi. Finalement, c’est Kim Young qui aura le privilège de m’emmener à bon port, me filant une map de NYC au passage (15$ la course, tip compris). J’arrive à l’appartement où Julie m’accueille avant de me proposer de sortir rejoindre des amis à elle à Brooklyn : il est alors 20h heure à NYC, et déjà 2h du matin en France… Une douche et c’est parti, l’achat d’une carte de transport au mois (76$ illimité) et deux changements seront nécessaires pour arriver à bon port. Dans le loft surdimensionné totalement réarrangé où cohabitent 10 personnes, il y a des français, des américains, et une redneck avec un tatouage de l’Ioha sur le bras… On nous fait gober de la gelée vodka-fraise, un fût de bière trône au milieu de la pièce et les gars jouent au bière-pong (l’équivalent du caps français, avec une balle de ping-pong !). Du toit, on a la vue sur toute la skyline de Manhattan, c'est-à-dire, sur les immeubles immanquables formant le paysage (Chrysler et Empire State Building entre autres…).

3h30 du matin dimanche, heure de NYC. Avec le retour difficile à cause de l’absence d’horaire de passage des métros (aucun horaire, jamais, tant pis si t’es en retard !), on décide de faire un crochet par Times Square, pas si éloigné que ça. C’est fou, c’est comme dans les films, avec ces multiples immeubles cassant le ciel et restructurant bizarrement lendroit. Ce ne sont certes que des panneaux publicitaires, mais impossible de croire qu’on est en pleine nuit tellement ça brille… On repart, arrivé à 4h après une autre aventure en métro (pas simple le fonctionnement !), quelques endormissements successifs (on se relaie pour guetter la station) et une grosse fringale au bout du compte.

Cette fois-ci, dodo, vraiment.


By the way, mon téléphone n’est pas tribande, du coup je ne reçois aucun réseau, et ne peux recevoir ni appels ni SMS. On s’en tient à l’email pour l’instant !

vendredi 1 février 2008

2ème jour de séminaire

Un moment important, puisque chaque bureau va passer un par un devant les partenaires financiers des Burex, pour dresser un bilan transparent des résultats de l'année passée et définir une stratégie pour 2008. L'occasion est excellente pour s'enquérir de l'état de santé de chaque bureau (malheureusement, celui de Mexico ferme...), les autres, malgré les baisses de budget, sont plutôt en bonne forme.

Côté départ, c'est un peu le stress puisqu'il m'est impossible de contacter Alexandre, qui me propose l'appart à NYC. Organisant des évènements culturels, il fait le lien entre Paris et New York et est à Paris ces jours-ci, l'occasion idéale pour récupérer les clefs de l'apprt et s'inquiéter des dernizers détails.
Il finira par me retrouver lui et sa fiancée, après quelques mésaventures, du côté de Bastille (2 thés et un chocolat : 14€, merci pour rien !!) avec des réponses à mes questions : je vis au 3ème étage (désolé pour les rêves de skyscrapers !), Central Park est à 200m, y'a du plancher dans l'appart de 200m² qui a l'air complètement fou, et normalement, les gangs de Harlem devraient ne pas poser de soucis (en témoignera Julie, déjà là-bas depuis quelques mois, et toujours vivante).

Au fait, certain sont au courant que je ne savais pas si j'avais droit à 23 ou 46 kg. En fait, j'ai droit à deux sacs de 23 kg, et vu le poids de ma valise, j'ai du passer chez le chinois (c'est comme l'arabe, mais y'a pas d'alcool), pour prendre un sac de voyage.

La classe est française, le cheveux, soyeux, demain on décolle et ça va faire grave mal !!
NYC here I come

1er jour de séminaire

Au Burex, comme on dit entre nous (eh ouais), les choses sont simples : les collègues éparpillés aux 4 coins du monde reviennent tout juste de 4 jours passés au Midem de Cannes, et sont visiblement heureux de se retrouver dans une salle de séminaire. Dans cette optique, la journée est ponctuée de pauses clopes et de grignotages constants. Le must étant le repas du midi, proposé par un livreur dans des boîtes en cartons, en portions individuelles. A l’intérieur, un miracle de technologie : deux sandwichs soigneusement disposés, un dessert dans une coupe de plastique à ouvrir, une bouteille d’eau et un petit verre, et le nécessaire pour manger tout ça (+ un essuie-main pour la fin). J’ai failli en faire une photo avant de me raviser, alors que des sandwichs dans une boîte en carton, c’est juste fou, c’est magique.

Ici, la différence avec la fac, c’est que quand je me tourne en riant vers d’autres personnes parce que je ne comprends rien, personne ne prend part au jeu. Cependant, après quelques heures de discussions faisant tourner de l’œil un par un les spectateurs, c’est l’heure du cocktail avec des professionnels de la musique (alors qu’on vient juste de finir la boîte de petits gâteaux). Rapidement, j’attrape au vol les identités des invités, CD de démo et autres futurs vinyles de collection ("en 2 semaines, y’a eu plus de visites que pour Justice au moment de D.A.N.C.E", m’assure-t-on). Finalement il ne m’aura fallu que 30 minutes et l’intervention de quelqu’un pour me présenter au gens sous le titre de « François, Bureau Export de New York ». Mais je me suis trouvé un peu embêté quand on m’a demandé ma carte de visite ;

Reste la dernière partie de la journée : Le dîner chez Edgar, restaurant chicos où le pain est servi avec des pinces, sur de petites assiettes individuelles. Ajoutez-y du saumon fumé en entrée, un plat principal qui cale et un dessert italien dont le nom m’échappe, et vous aurez une vague idée de ce qui se tramait rue Legendre ce soir-là.
Je finis par lorgner du côté de la tablette annonçant le plat du jour, pour réaliser que le plat du jour est une côte de porc de 1kg, vendue 55€ pour deux personnes. On va profiter de la soirée, recommander du vin et boire à la santé du Burex !
Mon boss n’est finalement pas roux, et doit avoir dans les 50 ans. Il est très sympa, tout comme Adrien, envoyé là-bas dans le cadre des VIA (ce qui doit grossièrement donner Volontariat à l’Etranger en Administration). Une possibilité à explorer pour la suite, d’autant que tout au long de la soirée, il s’avérera que beaucoup de mes collègues en sont passés par là.

Dodo.